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Déclarations
Non-papier français concernant les armes
à sous-munition,
19 avril 2007
La France est très sensible au risque humanitaire que
peut représenter l’usage d’armes à sous-munitions. Les événements
récents, et en particulier le conflit libanais, ont démontré l’urgence
d’apporter au plus vite des réponses concrètes aux problèmes
humanitaires liés aux sous-munitions.
La France est attentive à la question du respect du
droit international humanitaire en matière de protection des civils lors
de conflits armés. La France possède des armes à sous-munitions mais ne
les a pas utilisées depuis 1991, n’en exporte pas, et a des stocks
particulièrement faibles. Notre doctrine d’emploi se rattachant à
cette catégorie d’armes permet une stricte protection des populations
civiles en toutes circonstances.
Consciente des problèmes humanitaires liés aux
sous-munitions, la France entend poursuivre son action déterminée en
faveur du renforcement des normes internationales pertinentes, et proposer
à ses partenaires des pistes de réflexion ayant vocation à offrir
à chaque Etat la possibilité de progresser au plus vite vers une
meilleure prise en compte des préoccupations humanitaires liées à ce
type d’armes.
1/ Nous devons progresser vers une compréhension
commune de la notion d’armes à sous-munitions, qui recouvre à l’heure
actuelle des réalités très diverses. Ce faisant, nous pourrions avancer
au plus vite vers une définition agréée, qui serait une étape
préalable indispensable vers la mise en place de mesures concrètes pour
lutter contre les conséquences humanitaires de l’usage des
sous-munitions.
La définition des armes à sous-munitions devra
prendre en compte, notamment, les caractéristiques techniques de
ces armes (système de limitation de durée de vie, système de détection
de cible…), et leur durée de mise en service.
2/ En l’état actuel du droit, l’emploi des
sous-munitions est réglementé par le Protocole I de 1977 additionnel
aux Conventions de Genève de 1949, qui définit les principes d’interdiction
des maux superflus, de discrimination ou de précaution dans l’attaque,
et de proportionnalité. En période de post-conflit, le Protocole V
sur les restes explosifs de guerre pose un principe de dépollution
des munitions non explosées, qui s’applique entre autres aux
sous-munitions, et encourage les Etats, sur la base des meilleures
pratiques, à prendre des mesures préventives destinées à fiabiliser
les munitions, y compris les sous-munitions, afin d’éviter que
celles-ci ne se transforment en restes explosifs de guerre.
La France,
qui a ratifié le Protocole I de 1977 en 2001, et qui a été parmi les 25
premiers Etats à avoir ratifié le Protocole V sur les restes explosifs
de guerre, regrette le défaut d’universalisation de ces instruments et
encourage les Etats qui ne l’ont pas encore fait à les ratifier au plus
vite.
3/ Au delà de la réflexion sur l’application du
droit international existant, la problématique spécifique des
sous-munitions nous engage à aller plus loin, et à définir un nouvel
instrument international juridiquement contraignant.
4/ La Convention de 1980 sur certaines armes
classiques (CCW) constitue le cadre le plus approprié pour traiter de la
question des armes à sous-munitions, dans la mesure, notamment, où
elle permet d’associer l’ensemble des Etats possesseurs,
utilisateurs et exportateurs de ce type d’armes. Dans un souci d’efficacité
humanitaire, cet objectif d’universalité doit être
privilégié. Le souci d’efficacité et d’égalité impose
également de prendre en compte les disparités réelles qui
existent entre les différents Etats, en termes militaires
(finalité et doctrine d’utilisation des armes à sous-munitions,
diversité des stocks en nature et en quantité), économiques et techniques,
et les obligations et préoccupations de sécurité et de défense des Eta
ts parties les moins avancés techniquement ou disposant de ressources
limitées.
Dans ce contexte, la France souhaite que le mandat de
discussion sur les armes à sous-munitions qui a été adopté lors de la
Conférence d’examen de la CCW en novembre 2006 nous permette d’aboutir,
dès la prochaine Conférence d’Etats parties en novembre 2007, à la
négociation d’un instrument international juridiquement contraignant
sur les sous-munitions. Le futur instrument pourrait prendre la forme
d’un Protocole VI annexé à la CCW.
La France mettra à profit sa participation, au
séminaire qu’organisera le Comité International de la Croix Rouge
(CICR) en avril et à la réunion du Groupe d’experts
gouvernementaux de la CCW en juin prochain pour travailler en faveur d’avancées
rapides et concrètes. La réunion du Groupe d’experts
gouvernementaux devrait être l’occasion de formuler des recommandations
en faveur de l’adoption, en novembre 2007, d’un mandat de négociation
sur les armes à sous-munitions.
La France a participé à la Conférence d’Oslo sur
les armes à sous-munitions des 22 et 23 février derniers. Lors de cette
Conférence, elle s’est engagée, avec 45 autres Etats, à aboutir à un
instrument international juridiquement contraignant interdisant l’emploi,
la production, le stockage et le transfert des armes à sous-munitions les
plus dangereuses pour les populations civiles. Les Etats se sont
également engagés à se réunir à nouveau, y compris à Lima en mai, à
Vienne en novembre/décembre, à Dublin début 2008. Une réunion
régionale a également été annoncée par la Belgique. Le
" processus d’Oslo " ainsi lancé n’est pas
concurrent du processus en cours dans le cadre de la CCW : au
contraire, les deux processus doivent se compléter et se renforcer
mutuellement. Le processus d’Oslo a ainsi permis de donner une impulsion
politique aux travaux de la CCW, afin que ceux-ci aboutissent au plus
vite.
5/ La France souhaite enfin faire part à ses
partenaires des principales caractéristiques d’un futur Protocole
sur les armes à sous-munitions dans le cadre de la CCW :
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Le futur instrument devra concilier les impératifs humanitaires ,
notamment la menace que peuvent constituer certaines sous-munitions pour
les populations civiles, et les considérations militaires, en
particulier le fait que de nombreuses armées estiment qu’il n’est
pas possible de renoncer à l’ensemble des armes pouvant relever de la
catégorie des armes à sous-munitions. Il devra ainsi poser le
principe d’une interdiction stricte de l’emploi, de la mise au
point, de la production, de l’acquisition, du stockage et du
transfert, des armes à sous-munitions, qui, en fonction de la
définition retenue, sont susceptibles de provoquer des dommages
inacceptables pour les populations civiles (sous-munitions
" interdites "). Il devra, par ailleurs, veiller
à ne pas restreindre les participations à des opérations en
coalition ou dans le cadre d’une alliance, et à préserver les
intérêts de défense des Etats.
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La définition des armes à sous-munitions interdites devra
prendre en compte les caractéristiques techniques intrinsèques de l’arme
(par exemple, absence ou non d’un système de limitation de durée
de vie), le nombre de sous-munitions contenues (définition d’un
nombre seuil en deçà duquel une arme contenant des sous-munitions ne
serait pas considérée comme une arme à sous-munitions en grappe),
ainsi que la durée de vie de ces armes (introduction d’une
durée de mise en service seuil, au delà de laquelle l’arme à
sous-munitions passe automatiquement dans la catégorie des armes à
sous-munitions interdites).
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Le futur instrument devra poser une obligation de destruction des
armes à sous-munitions " interdites ", tout
en prévoyant des délais de transition adaptés, et la
possibilité de conserver pour une période intérimaire, à des fins
licites et strictement encadrées, des stocks limités au strict
minimum.
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Le futur instrument devra comprendre des mesures fondées sur les
meilleures pratiques, visant à améliorer la fiabilité, la
précision, et la mise en œuvre des armes à sous-munitions qui
demeureront autorisées.
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Il devra également comporter une incitation à la coopération
et à l’assistance entre les Etats (en particulier pour la
destruction des stocks, le développement et la mise au point de
techniques de destruction, de neutralisation, et de dépollution des
armes à sous-munitions, ainsi que pour la formation à ces
techniques). Le futur instrument devra être défini en complémentarité
avec le Protocole V sur les restes explosifs de guerre, annexé à la
CCW.
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Le futur instrument pourra enfin comporter un mécanisme de
respect des dispositions, prenant en compte la définition de délais
de transition adaptés pour la mise en place de certaines mesures
à caractère obligatoire (interdiction d’emploi, obligations de
destructions…)./.
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