Comme cela a été évoqué au début de
cette Conférence, la question de la définition des armes à
sous-munitions revêt une importance particulière. Elle nous permettra en
effet, dans l’esprit de la Déclaration d’Oslo, d’identifier quelles sont
les armes à sous-munitions " qui entraînent des dommages inacceptables
pour les populations civiles ".
La France souhaite l’interdiction
complète de cette catégorie d’armes à sous-munitions, interdiction de
leur emploi, de leur production, de leur stockage et de leur transfert,
et, bien entendu leur destruction, comme nous l’avons rappelé ce matin.
Or, la notion d’armes à
sous-munitions recouvre, dans les faits, une réalité très diverse. Nous
devons donc progresser, en priorité, vers une compréhension commune de
cette notion. A ce titre, nous remercions les autorités péruviennes pour
leur proposition de définition.
Comme nous l’avons précisé dans le
non-papier présenté à Montreux, la France estime que la définition de la
notion de munitions en grappe (cluster munitions) devrait
prendre en compte un nombre seuil. Ce nombre pourrait par exemple être
fixé à 10.
S’agissant des armes contenant plus
de dix sous-munitions explosives, la France considère que la définition
des munitions en grappe à interdire doit prendre en compte certaines
caractéristiques techniques intrinsèques aux armes à sous-munitions.
Certaines de ces caractéristiques, telles que les dispositifs
d’autodestruction ou d’autoneutralisation ou encore la précision,
permettent, en effet, de diminuer l’impact humanitaire de l’emploi des
armes à sous-munitions. Elles feront, de plus, très certainement l’objet
d’améliorations substantielles dans l’avenir si, comme il est
souhaitable, le futur document reconnaît leur plus-value pour limiter
les risques humanitaires.
Comme nous avons déjà eu l’occasion
de le mentionner à Montreux, la France considère également que le
vieillissement d’une munition, quelles que soient ses caractéristiques,
pourrait être pris en compte. Nous pourrions ainsi envisager qu’au delà
d’une durée maximale de service opérationnel (en anglais shelflife),
une arme à sous-munitions en grappe devrait systématiquement être
retirée du service puis détruite.
Pour finir, nous souhaitons
rapidement aborder la question des délais qui devront accompagner la
mise en œuvre du futur instrument. Ces délais devront être à la fois
raisonnables pour produire rapidement des effets, mais aussi réalistes
pour permettre au plus grand nombre d’Etats de rallier le futur
instrument et contribuer ainsi à son efficacité sur le terrain.
Monsieur le Président,
La France est très attentive aux critères qui
nous permettront de définir les armes à sous-munitions interdites. C’est
là un enjeu déterminant pour répondre aux impératifs humanitaires qui
sont notre priorité à tous, et pour rallier le plus grand nombre d’Etats
au futur instrument. La précision sur cette question des définitions est
une des conditions essentielles de l’efficacité et de l’universalité du
futur instrument./.