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Déclarations Intervention de la délégation française en réunion
des experts militaires Genève, 21 juin 2007
La France tient à remercier les représentants de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis pour leurs présentations. Nous souhaitons souligner tout l’intérêt de ce type d’intervention car il permet de souligner l’importance militaire des sous-munitions, domaine qui n’a finalement pas toujours fait l’objet d’une attention appropriée. Partageant une grande partie des arguments présentés au cours de ces exposés, nous ne les développerons donc pas davantage. Chacun des systèmes d’armes à sous munitions dont sont dotées les forces armées françaises répond à un besoin militaire précis et avéré. Certains de ces système d’armes ont été choisis pour faire face à des menaces militaires qui subsistent aujourd’hui et qu’il n’est toujours pas possible de traiter par d’autres moyens. D’autres armes à sous-munitions, bénéficiant de technologies très avancées, permettent de traiter des objectifs militaires spécifiques, tout en apportant une plus-value opérationnelle majeure tant sur le plan de l’efficacité des frappes, de l’amélioration de la logistique, que de la prise en compte de la protection des populations civiles et de nos propres forces armées. Toutes ces armes sont licites et les armées françaises veillent à les mettre en œuvre dans le strict respect du droit international humanitaire, avec le souci constant de minimiser leurs conséquences humanitaires potentielles. Les stocks d’armes à sous-munitions dont dispose la France sont en nombre très limité et strictement dimensionnés en fonction des scénarios dans lesquelles nos forces armées peuvent être engagées. La France dispose aujourd’hui de trois systèmes d’armes à sous-munitions de type sol/sol et d’un système air/sol.
Les roquettes du lance-roquettes multiple à grenades MLRS sont destinés à répondre à une agression majeure venant d’un adversaire puissant doté d’équipements de même nature. Le système MLRS est couplé à un radar de trajectographie, ce qui permet de s’assurer de la précision du tir. Les roquettes à grenades M26 actuelles qui équipent le MLRS sont de conception relativement ancienne. Elles seront, dans un proche avenir, remplacées par des roquettes à charge unitaire. Les obus à grenades anti-véhicules OGR sont délivrés par des canons d’artillerie de 155 mm. Ils sont destinés à interdire une zone à des concentrations de blindés. A nouveau, ces armes ne seraient mises en œuvre qu’en réponse à une menace directe et symétrique. Les tirs sont systématiquement dirigés par des observateurs humains et leur précision, déjà très élevée, devrait être encore renforcée par des dispositifs additionnels de faible coût. Enfin, les forces françaises sont également équipées d’obus de 155mm BONUS. Ces munitions, fabriquées en coopération avec la Suède, emportent chacune deux sous-munitions antichars qui détectent et se dirigent d’elles-mêmes sur leurs cibles. Les caractéristiques de ces munitions, qui leur assurent une grande capacité de discrimination, confèrent à nos armées une capacité antichar de haut niveau tout en garantissant l’absence d’impact humanitaire. La seule arme à sous-munitions air/sol actuellement en dotation dans l’armée française est le missile Apache. Ce missile de haute précision emporte dix sous-munitions anti-piste Kriss d’une cinquantaine de kilos chacune. Ces munitions sont exclusivement destinées à neutraliser des pistes d’aviation à longue distance tout en évitant des dommages collatéraux. En conclusion de ce rapide point sur les armes, il nous semble important de rappeler, qu’à l’instar de nombreuses autres armées, les forces françaises ont des besoins opérationnels récurrents et qu’elles jugent nécessaire de continuer à être dotées de certaines catégories précises et limitées d’armes à sous-munitions. Ces armes répondent de façon particulièrement adaptée à la neutralisation d’objectifs de surface militaires dûment identifiés (blindés, batteries, plots logistiques, etc.). A ce jour et vraisemblablement pour quelques années, elles restent sans équivalent dans ce cadre d’emploi./.
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