|
|
Déclarations
Comité préparatoire à la réunion des Etats parties
au Protocole V
Déclaration de la France prononcée par SEM Jean-François DOBELLE,
Représentant permanent de la France auprès de la
Conférence du Désarmement
Genève, 18 juin 2007
Monsieur le Président,
La France remercie la Présidence pour l’excellente
organisation de cette réunion, et pour son travail en faveur de la mise
en œuvre rapide et efficace du Protocole V. L’entrée en vigueur, en
novembre dernier, du Protocole V de la Convention de 1980 a constitué un
succès déterminant dans la lutte contre le fléau humanitaire que sont
les restes explosifs de guerre. Les discussions en cours sur les armes à
sous-munitions nous montrent combien il est urgent de déployer tous nos
efforts pour prévenir l’apparition de restes explosifs de guerre, et
faciliter à l’avenir la dépollution rapide des zones affectées.
Le Protocole V, qui est le seul instrument
juridiquement contraignant négocié dans le domaine du désarmement au
cours des dernières années, démontre la pertinence de la Convention de
1980 sur Certaines Armes Classiques pour traiter des grands enjeux
humanitaires de notre époque. Il est bon de conserver cette réalité à
l’esprit à la veille de l’ouverture des travaux du Groupe d’Experts
Gouvernementaux qui vont requérir toute notre attention et tous nos
efforts durant cette semaine.
Je rappelle que la France a été parmi les 25 premiers
Etats à avoir ratifié ce texte, qui est récemment entré en vigueur
dans notre pays, six mois après sa ratification. L’universalisation du
Protocole V, gage de son efficacité, constitue pour nous une priorité.
Afin que le Protocole V puisse produire au plus tôt ses effets
bénéfiques, sa mise en œuvre rapide et efficace constitue également un
enjeu déterminant. A ce titre, la France remercie l’UNMAS et le CIDHG
pour leurs contributions, qui présentent des pistes de réflexion utiles
et nécessaires pour nos travaux futurs. La France souhaite apporter sa
pleine contribution, et son entier soutien à la Présidence pour définir
des mesures d’application efficaces, fidèles au texte du Protocole, et
de nature à lui donner toute sa portée.
Dans nos travaux sur la mise en œuvre du Protocole V,
nous devons, du point de vue de la France, garder à l’esprit deux
exigences :
-
La première est le strict respect du texte tel qu’il a été
adopté. C’est là une condition de son universalisation, et un
gage de son efficacité. Nous avons en effet, en tant qu’Etats
parties, la responsabilité de montrer aux Etats qui ne le sont pas
encore, que le Protocole V est appliqué à la lettre, et qu’il
produit des effets concrets sur le terrain.
-
La seconde est une exigence de clarté, face à la
complexité des questions sur lesquelles porteront nos discussions. Je
pense notamment ici à la question des échanges d’informations
prévus par le Protocole V. Le texte prévoit plusieurs types d’échanges
d’informations, et les mesures de mise en œuvre devront permettre,
en les distinguant clairement, la solution la plus efficace en
pratique pour chacun de ces échanges.
Pour contribuer à la clarté de nos discussions
futures, la France propose ainsi de distinguer trois types de rapport
et d’échanges qui pourraient faire l’objet de trois séries de
questionnaires distincts dans leur statut, conformément aux dispositions
du Protocole V, mais présentés simultanément :
-
Il s’agit tout d’abord des Rapports nationaux, au titre de l’article
10 du Protocole. L’obligation de rapport est ici juridiquement
contraignante pour tous les Etats parties. Afin de préciser les
informations qui devront être fournies, nous pourrions nous inspirer
de la décision sur le mécanisme de respect adopté par la
Conférence d’examen de la CCW en novembre 2006 : les Etats
parties au Protocole V pourraient convenir de faire porter les
rapports nationaux sur les informations dont la liste indicative
figure au paragraphe 5 de la première partie de la décision sur le
respect : dans ce cas, le premier rapport devrait être fourni
avant la première réunion d’Etats parties en novembre prochain.
-
Un second type d’échange d’information est prévu aux articles
4 et 8 du Protocole V, qui concernent les restes explosifs de
guerre postérieurs à la date d’entrée en vigueur du Protocole
pour chaque Etat partie. Les Etats concernés sont ainsi les Etats
parties impliqués dans des conflits ayant généré des restes
explosifs de guerre postérieurement à l’entrée en vigueur du
Protocole pour ces Etats. En ce qui concerne le type d’informations
à fournir, un questionnaire pourrait être développé sur la base de
la première partie de l’Annexe technique du Protocole V.
-
Enfin, un troisième type d’échange s’effectuera au titre de l’article
7 qui prévoit que tout Etat partie affecté sur son territoire par
des restes explosifs de guerre survenus avant l’entrée en
vigueur pour cet Etat du Protocole, a le droit de demander
de l’assistance pour la dépollution. Bien que non contraignante,
cette disposition revêt une importance déterminante. Notons que l’article
prévoit que des Etats non parties au Protocole V puissent fournir une
l’assistance. La diffusion des échanges d’informations liés à l’article
7 devrait par conséquent être aussi large que possible. Les
informations à fournir par ces Etats ne sont pas spécifiées dans le
Protocole. Il semble néanmoins logique, comme le propose la
Présidence, de considérer l’échange d’informations au titre des
articles 4 et 8 comme la base d’un échange d’information
au titre de l’article 7.
Monsieur le Président,
Ces quelques réflexions visent uniquement à préciser
les points sur lesquels nous aurons à discuter, en complément des
excellentes propositions présentées par la Présidence. La France
apportera sa pleine contribution aux travaux futurs, afin que le Protocole
V puisse apporter, au plus vite, une réponse concrète et efficace au
problème humanitaire que posent les restes explosifs de guerre./.
|